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Personnalisation paroxysmique

Si l’on considère l’Homme sous le prisme de sa consommation, nous nous apercevons que celle-ci se fait désormais davantage sous le mode d’une démarche réflexive d’identification de soi : si la consommation ostentatoire théorisée par Thorstein Veblen n’a pas disparu, la consommation réflexive relève d’une démarche identitaire logiquement appelée à se développer dans un monde qui comptera 9 milliards d’humains en 2050.  A travers elle, le but est de se définir et par là même d’exister.

En ce sens, se livrer à une consommation qui nous ressemble est, symboliquement et au-delà d’une démarche économique, une forme de quête existentielle. Les marques l’ont bien compris : en promettant aux consommateurs depersonnaliser (voire de plus en plus de co-concevoir) leurs produits, elles leur donnent l’opportunité de projeter leur empreinte et d’exister par le biais d’un processus semi-créatif. A être unique, produit unique (et cet adage n’est plus la chasse gardée du luxe) :

  • Créez les chaussures qui vous ressemblent avec Nike ID :

  • Créez et assemblez vos propres chaises avec SketchChair

En termes de « DIY culture » (« do-it-yourself ») et de co-conception, les exemples ne manquent pas et les trois précédents ne constituent qu’une infime partie des propositions actuelles, les marques rivalisant d’ingéniosité dans le domaine.

Mais au-delà de l’idée de personnalisation, quasi nouvelle norme à laquelle le consommateur commence à s’habituer, la consommation réflexive se fera aussi à travers des objets qui porteront (au sens propre cette fois) notre empreinte : voix, patrimoine génétique, odeur, humeurs… Des objets qui nous incarnent, qui nous représentent continuellement, et qui fixent notre unicité. C’est le cas du lit « Vessel One », imaginé par Adam Farlie, et conçu comme un objet qui écoute et enregistre les sons émis par ses occupants avant de les retransmettre dans les moments de silence, de manière aléatoire, de la même façon que des souvenirs pourraient revenir à une mémoire humaine. Il peut ainsi incarner un conjoint absent, des souvenirs…

Toujours dans cette idée d’empreinte et d’incarnation, François Brument façonne son vase 44 en fonction des fréquences sonores émises par la voix. Chaque vase est donc l’unique reflet de la voix d’un émetteur, et donc, par extension, du sujet qui émet lui-même.

Enfin, à un niveau architectural cette fois, « l’architecture des humeurs » théorisée par Stéphanie Lavaux et François Roche de l’agence R&Sie promet de façonner l’architecture en fonction de nos humeurs. Une machine enregistre vos émotions et les transcrits en éléments architecturaux qui sont le reflet de vos états d’âme…

Ainsi, à l’heure où les réflexions identitaires sont multiples, la consommation se fera sur un mode réflexif, et les initiatives qui permettront à l’individu de « s’incarner » seront saluées, de la co-conception à la prise en compte de sa singularité totale.

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Cette entrée a été publiée le avril 25, 2011 à 1:41 . Elle est classée dans Empreintes digitales et taguée , , , , . Bookmarquez ce permalien. Suivre les commentaires de cet article par RSS.

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